C’est quoi le PER ?

Le PER (Plan d’Épargne Retraite) est une sorte de tirelire bloquée jusqu’à la retraite.

Vous y versez de l’argent aujourd’hui, l’État vous offre une réduction d’impôt immédiate en contrepartie, et vous récupérez votre capital (ou une rente) au moment de votre départ à la retraite.

C’est l’outil numéro un pour préparer votre retraite tout en payant moins d’impôts aujourd’hui. En revanche, le capital ou la rente perçus à la sortie sont imposables.

Que peut-on mettre dedans ?

Le PER n’est pas une simple boîte à épargne. Une fois votre argent versé, vous pouvez choisir la manière dont il est investi. Il existe deux grandes familles de supports.

Support Niveau de risque Ce que c’est (en simple) Potentiel de rendement Pour quel profil ?
Fonds en euros Très faible Votre capital est garanti par l’assureur (hors cas exceptionnel de défaillance). Les intérêts versés chaque année sont définitivement acquis. Faible (environ 2 à 4 % brut selon les contrats). Prudent — vous souhaitez avant tout préserver votre capital.
Fonds monétaire Très faible L’argent est investi sur des placements financiers à très court terme (bons du Trésor, dépôts bancaires, etc.). La valeur varie très peu, mais le capital n’est pas garanti. Faible (proche des taux à court terme de la BCE, après frais souvent légèrement inférieur). Prudent — vous souhaitez placer temporairement des liquidités avec très peu de risque.
Fonds obligataire Faible à modéré Le fonds investit dans des obligations émises par des États ou des entreprises. Les revenus proviennent des intérêts versés, mais la valeur peut fluctuer selon les taux d’intérêt et la qualité des émetteurs. Modéré (souvent 3 à 6 % sur le long terme selon le type d’obligations). Équilibré — vous acceptez de légères variations pour espérer un meilleur rendement.
Fonds diversifié Modéré Un mélange d’actions, d’obligations et parfois d’autres actifs. Un gestionnaire ajuste la répartition selon les marchés afin de rechercher un équilibre entre risque et performance. Variable (de prudent à dynamique selon la part d’actions). Équilibré — vous souhaitez déléguer la gestion tout en limitant le risque.
Fonds actions Élevé Le fonds est investi principalement en actions d’entreprises françaises ou internationales. La valeur peut fortement varier à court terme, mais les actions sont historiquement les placements les plus performants sur de longues périodes. Dynamique (historiquement environ 6 à 10 % par an sur le très long terme selon les marchés). Dynamique — vous investissez sur au moins 8 à 10 ans et acceptez les fluctuations.
ETF (trackers) Variable (faible à élevé selon l’indice suivi) Un fonds qui réplique automatiquement un indice (CAC 40, S&P 500, MSCI World, obligations, monétaire…). Les frais sont généralement très faibles. Identique à l’indice répliqué (hors frais). Tous profils — le niveau de risque dépend de l’indice choisi.
Fonds thématiques Élevé à très élevé Des fonds investis dans un secteur précis (intelligence artificielle, santé, transition énergétique, semi-conducteurs, etc.). Ils offrent un potentiel élevé mais sont souvent plus volatils car moins diversifiés. Potentiellement élevé, mais très variable selon le secteur et la période. Dynamique — vous avez une conviction sur un secteur et acceptez un risque important.
Immobilier (SCPI en unités de compte) Modéré Vous investissez dans des parts de sociétés qui détiennent et gèrent des immeubles. Vous pouvez percevoir des revenus réguliers, mais ni le capital ni les revenus ne sont garantis. Modéré (historiquement 4 à 6 % de taux de distribution, sans garantie). Équilibré — vous souhaitez diversifier votre patrimoine avec de l’immobilier sans gérer directement de biens.

En pratique, la plupart des PER proposent une gestion pilotée : un gestionnaire détermine votre capacité à prendre des risques et s’occupe de tout.

La fiscalité du PER en 2026

C’est là que le PER devient particulièrement intéressant, mais aussi un peu plus complexe. Il y a deux moments clés : lorsque vous effectuez vos versements et lorsque vous récupérez votre épargne.

À l’entrée : vous payez moins d’impôts

Vous pouvez déduire de votre revenu imposable chaque euro versé sur votre PER. Concrètement, si vous versez 5 000 € et que vous êtes imposé à 30 %, vous économisez 1 500 € d’impôt sur le revenu la même année.

Les plafonds de déduction applicables en 2026 sont les suivants :

  • Pour les salariés : vous pouvez déduire entre 4 710 € et 37 680 €, selon vos revenus. L’administration calcule ce plafond à partir de 10 % de vos revenus professionnels nets de 2025.

  • Pour les travailleurs non-salariés (TNS) : vous pouvez déduire jusqu’à 88 911 €. Les entrepreneurs et les professions libérales bénéficient ainsi d’un avantage fiscal particulièrement important.

Nouveauté 2026 : vous pouvez désormais récupérer les plafonds de déduction non utilisés au cours des cinq dernières années (contre trois auparavant). Si vous n’avez effectué aucun versement certaines années, vous pouvez rattraper ces plafonds et déduire un montant nettement supérieur au minimum.

Attention également : depuis le 1er janvier 2026, vous ne pouvez plus déduire les versements effectués après 70 ans. Cette nouveauté, introduite par la loi de finances pour 2026, mérite d’être anticipée.

À la sortie : vous payez selon ce que vous récupérez

Le PER fonctionne selon un principe de fiscalité différée. L’avantage fiscal obtenu à l’entrée est compensé, en partie, au moment de la sortie.

Sortie en capital (si vous avez déduit vos versements)

  • La part correspondant à vos versements est imposée selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu.

  • Les gains générés sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux).

Exemple

Marc a versé 30 000 € sur son PER pendant 10 ans. Chaque année, il a déduit ces versements de ses revenus. Aujourd’hui, son contrat vaut 45 000 €. Au moment de prendre sa retraite, il choisit de récupérer l’intégralité de son épargne sous forme de capital.

Il faut distinguer deux éléments.

Les 30 000 € de versements ont été déduits de ses revenus lors des versements. À la sortie, cette somme est réintégrée à son revenu imposable et soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Si Marc est imposé dans la tranche à 11 %, il paie 3 300 € d’impôt.

Les 15 000 € de gains sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique de 31,4 %. Marc paie donc 15 000 € × 31,4 % = 4 710 €.

Total payé à la sortie : 3 300 € + 4 710 € = 8 010 €.

Sortie en capital (si vous n’avez pas déduit vos versements)

  • Vos versements ne sont pas imposés à la sortie.

  • Seuls les gains sont soumis au PFU de 31,4 %.

Sortie en rente (si vous avez déduit vos versements)

  • La rente est imposée comme une pension de retraite, avec un abattement automatique de 10 %, puis intégrée au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

  • Les prélèvements sociaux s’élèvent à 18,6 % sur une fraction de la rente, selon votre âge.

Points de vigilance

Plus votre taux d’imposition est élevé aujourd’hui, plus le PER devient avantageux. Si vous êtes imposé à 41 % ou 45 %, chaque versement de 10 000 € peut vous permettre d’économiser entre 4 100 € et 4 500 € d’impôt sur le revenu.

À l’inverse, si vous êtes peu ou pas imposé (0 % ou 11 %), l’avantage fiscal est plus limité. Le PER reste alors davantage un outil d’épargne qu’un outil de défiscalisation.

Cas de déblocage anticipé

Certaines situations permettent de récupérer votre épargne avant la retraite sans pénalité, notamment :

  • l’achat de votre résidence principale ;

  • une invalidité ;

  • le décès de votre conjoint ;

  • la fin de vos droits au chômage ;

  • une situation de surendettement.

FAQ

Est-ce que je suis obligé de déduire mes versements ?

Non. Vous pouvez choisir de ne pas déduire vos versements. Dans ce cas, vous payez davantage d’impôt aujourd’hui, mais votre sortie sera fiscalement plus avantageuse, notamment si vous pensez être dans une tranche d’imposition élevée à la retraite.

Puis-je récupérer mon argent avant la retraite ?

Oui, dans certains cas précis : achat de votre résidence principale, invalidité, décès de votre conjoint, fin de vos droits au chômage, surendettement ou liquidation judiciaire. En dehors de ces situations, votre épargne reste bloquée jusqu’à la retraite.

Quelle est la différence entre une sortie en rente et une sortie en capital ?

En capital, vous récupérez tout ou partie de votre épargne en une ou plusieurs fois. En rente, vous percevez un revenu régulier jusqu’à votre décès. Il est également possible de combiner les deux.

Le PER est-il adapté si j’ai moins de 30 ans ?

Oui, à condition de ne pas avoir besoin de liquidités à court terme. Plus vous commencez tôt, plus l’effet de la capitalisation est important. Il faut toutefois accepter que votre épargne soit immobilisée pendant plusieurs décennies.

Peut-on transférer un ancien contrat retraite (Madelin, PERCO) vers un PER ?

Oui. La loi PACTE de 2019 prévoit cette possibilité. Le transfert conserve l’antériorité fiscale et permet de bénéficier de la souplesse du PER moderne.

Que se passe-t-il si je décède avant la retraite ?

Comme pour un contrat d’assurance-vie, vous pouvez désigner un bénéficiaire. Les capitaux lui sont transmis avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (en cas de décès avant 70 ans), selon les mêmes règles que l’assurance-vie.

Puis-je avoir plusieurs PER ?

Oui. Aucune limite légale n’existe concernant le nombre de PER que vous pouvez détenir. En revanche, les plafonds de déduction s’appliquent à l’ensemble de vos versements, tous contrats confondus.

Le PER est-il soumis à l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière) ?

Non, sauf pour la fraction investie en unités de compte immobilières (SCPI, OPCI).

 

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