L'article en 30 secondes :

À la retraite, récupérer l’argent de son PER en capital paraît simple. Pourtant, une question essentielle se pose : faut-il récupérer tout son capital immédiatement ou organiser plusieurs retraits dans le temps ?

Car la fiscalité peut changer considérablement le résultat.

Lorsque vos versements volontaires ont été déduits de votre revenu imposable, la part correspondant à ces versements revient dans le calcul de votre impôt sur le revenu au moment de la sortie en capital. Les gains suivent, eux, une fiscalité différente.

Conséquence : retirer une somme importante la même année peut fortement augmenter votre revenu imposable.

Dans certaines situations, fractionner les retraits sur plusieurs années peut permettre de lisser cette fiscalité.

La vraie question n’est donc pas seulement : « Combien ai-je sur mon PER ? »

Mais plutôt : « Quand et comment vais-je récupérer cet argent ? »

Pourquoi faut-il préparer la sortie de son PER plusieurs années à l’avance ?

Pendant la vie active, le PER est principalement présenté comme un outil permettant de préparer sa retraite tout en bénéficiant, sous certaines conditions, d’une déduction fiscale sur les versements.

Mais cet avantage à l’entrée ne constitue qu’une partie du fonctionnement du PER.

Il faut également regarder ce qui se passe à la sortie.

Lorsque les versements volontaires ont été déduits du revenu imposable, la part du capital correspondant à ces versements est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu lors de la sortie. Elle ne bénéficie pas de l’abattement de 10 % applicable aux pensions.

Autrement dit, l’avantage fiscal obtenu lors du versement ne signifie pas que l’argent sera exonéré d’impôt lorsqu’il sera récupéré.

C’est notamment pour cette raison que la stratégie de sortie mérite d’être réfléchie bien avant la retraite.

Le montant retiré, l’année du retrait, les autres revenus du foyer et l’origine des sommes présentes sur le PER peuvent tous avoir leur importance.


Comment fonctionne une sortie du PER en capital ?

Prenons une situation simple.

Vous arrivez à la retraite avec 150 000 € sur votre PER.

Vous pourriez avoir envie de récupérer immédiatement l’intégralité de cette somme.

Mais avant de demander le retrait, il faut comprendre que les 150 000 € ne sont pas nécessairement fiscalisés de la même manière.

Prenons l’exemple d’un PER composé de :

120 000 € de versements volontaires précédemment déduits fiscalement, et 30 000 € de gains générés par les placements.

En cas de sortie en capital, les 120 000 € correspondant aux versements déduits sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux sur cette partie.

Les 30 000 € de gains suivent un régime différent. Ils sont soumis, par défaut, au prélèvement forfaitaire de 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux. Depuis le 1er janvier 2026, le ministère de l’Économie indique un taux global de 31,4 % sur cette partie, compte tenu du relèvement des prélèvements sociaux à 18,6 %. Une option globale pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste possible.

Cette distinction est essentielle.

Le capital versé et les gains accumulés ne doivent donc pas être confondus lorsqu’on estime la fiscalité d’une sortie.


Pourquoi retirer tout son PER la même année peut-il augmenter l’impôt ?

C’est probablement le point le plus important à comprendre.

Imaginons qu’une personne possède un PER comprenant 100 000 € de versements volontaires ayant été déduits de ses revenus.

Elle décide de récupérer ces 100 000 € en une seule fois.

Cette somme correspondant aux versements déduits vient alors s’ajouter aux autres revenus soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu cette année-là.

Elle peut donc traverser plusieurs tranches du barème.

Et plus ses autres revenus sont déjà importants, plus la question mérite d’être étudiée.

Prenons par exemple une personne qui part à la retraite en cours d’année.

Elle peut avoir perçu :

des salaires pendant plusieurs mois, une prime, éventuellement certaines indemnités, puis ses premières pensions de retraite.

Ajouter une sortie importante de PER pendant cette même année peut donc concentrer beaucoup de revenus imposables sur une seule déclaration.

Ce n’est pas nécessairement le capital du PER qui pose problème. C’est parfois le calendrier choisi pour le récupérer.


Pourquoi fractionner la sortie de son PER peut-il être intéressant ?

C’est ici que le PER devient particulièrement intéressant à piloter.

Il n’est pas nécessaire de récupérer l’intégralité du capital immédiatement : une sortie en capital peut être organisée de manière fractionnée selon les modalités du plan. Le ministère de l’Économie rappelle cette possibilité dans sa présentation du fonctionnement du PER individuel.

Au lieu de récupérer une somme importante la première année de retraite, il devient donc possible d’envisager plusieurs retraits successifs.

Prenons un exemple volontairement simplifié.

Une personne souhaite récupérer 120 000 € de son PER.

Plutôt que de demander les 120 000 € immédiatement, elle pourrait étudier un scénario où le capital est récupéré progressivement sur plusieurs années.

Pourquoi ?

Parce que la partie imposable correspondant aux versements précédemment déduits serait alors répartie sur plusieurs années fiscales au lieu d’être concentrée sur une seule.

Cela peut permettre de lisser le revenu imposable dans le temps.

Attention cependant : cela ne signifie absolument pas que le fractionnement est systématiquement plus avantageux.

Tout dépend notamment du niveau des autres revenus, du foyer fiscal, du montant des retraits, de l’évolution du barème et de la situation patrimoniale globale.

Il faut donc comparer les scénarios avant de décider.


Pourquoi l’année choisie pour retirer son PER peut-elle changer la donne ?

Voici un point que beaucoup d’épargnants découvrent trop tard.

Deux retraits identiques peuvent avoir des conséquences différentes selon l’année pendant laquelle ils sont réalisés.

Imaginez une personne qui prend sa retraite en septembre.

Pendant cette année, elle aura encore perçu huit ou neuf mois de salaire.

Elle peut également recevoir certaines primes ou indemnités liées à son départ.

Puis commencent ses pensions.

L’année suivante, sa situation peut être très différente : elle ne perçoit plus son salaire et ses revenus sont principalement constitués de ses pensions et de ses autres revenus patrimoniaux.

La question devient alors :

est-il pertinent d’ajouter une sortie importante du PER pendant la dernière année d’activité ?

Ou vaut-il mieux attendre une année où les revenus seront potentiellement différents ?

Il n’existe évidemment pas de réponse universelle.

Mais cette simple question montre pourquoi le calendrier de sortie du PER doit être préparé et non improvisé.


Pourquoi votre tranche marginale d’imposition est-elle importante ?

Pour comprendre l’intérêt potentiel d’une sortie fractionnée, il faut comprendre la tranche marginale d’imposition, ou TMI.

En France, l’impôt sur le revenu fonctionne par tranches.

Cela signifie que l’ensemble de vos revenus n’est pas imposé à un taux unique.

Lorsqu’un retrait de PER augmente fortement votre revenu imposable, une partie supplémentaire de vos revenus peut se retrouver dans une tranche supérieure.

C’est précisément pour cette raison qu’un retrait massif sur une seule année mérite d’être simulé.

La question n’est pas uniquement :

« Combien vais-je retirer ? »

Il faut également se demander :

« Quels seront mes autres revenus cette année-là ? »

C’est cette vision globale qui permet de comprendre la véritable fiscalité d’une sortie.


Que se passe-t-il si vous n’avez pas déduit vos versements PER ?

C’est une distinction fondamentale.

Lorsqu’une personne réalise des versements volontaires sur son PER, elle peut, selon sa situation et les règles applicables, bénéficier d’une déduction fiscale.

Mais il est également possible d’opter pour la non-déduction.

Et cela change la fiscalité à la sortie.

Si les versements volontaires n’ont pas été déduits fiscalement, la part du capital correspondant à ces versements est exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux lors de la sortie en capital.

Les gains générés par ces versements restent, eux, fiscalisés.

À partir de 2026, les versements réalisés par un titulaire âgé de 70 ans ou plus ne sont par ailleurs plus déductibles du revenu imposable.

Cela signifie que deux personnes possédant chacune 100 000 € sur leur PER peuvent avoir une fiscalité de sortie très différente.

Avant d’effectuer un retrait, il faut donc savoir précisément d’où vient l’argent présent sur le contrat.


Pourquoi ne faut-il pas regarder uniquement l’économie d’impôt réalisée à l’entrée ?

C’est une erreur fréquente avec le PER.

Une personne verse par exemple de l’argent pendant sa vie active et constate immédiatement l’économie fiscale générée grâce à la déduction.

Elle peut alors considérer cette économie comme un gain définitif.

Mais le raisonnement est incomplet.

Pour les versements volontaires déduits, le capital correspondant à ces versements sera soumis au barème progressif lors de sa récupération.

Le PER repose donc en partie sur une logique de décalage de fiscalité dans le temps.

Pour comprendre l’intérêt réel de l’opération, il faut regarder les deux côtés :

la fiscalité au moment du versement et la fiscalité au moment du retrait.

Une personne fortement imposée pendant sa vie active et moins imposée au moment de ses retraits ne se trouve pas dans la même situation qu’une personne dont la fiscalité reste élevée après son départ à la retraite.

C’est pourquoi un PER doit être pensé sur plusieurs années, voire plusieurs décennies.


Pourquoi le PER doit-il être intégré au reste de votre patrimoine ?

Votre PER ne vit pas seul.

Au moment de la retraite, vous pouvez également disposer :

d’une assurance-vie, de comptes-titres, de livrets, de revenus immobiliers, d’une trésorerie disponible ou encore de différentes pensions.

Imaginez que vous ayez besoin de 30 000 € pour financer un projet.

Faut-il obligatoirement les retirer du PER ?

Pas nécessairement.

Selon votre situation, utiliser une autre enveloppe patrimoniale peut produire des conséquences différentes.

La bonne question devient alors :

« Dans quel ordre utiliser mes différentes sources de capital ? »

C’est précisément à ce moment que la gestion de patrimoine prend tout son sens.

On ne cherche plus seulement à optimiser un produit.

On organise l’ensemble des revenus et du patrimoine autour des besoins de la retraite.


Quelles erreurs faut-il éviter au moment de sortir son PER ?

La première erreur consiste à retirer automatiquement tout son PER dès le départ à la retraite, simplement parce que l’argent devient disponible.

La deuxième est de regarder le montant brut du contrat sans distinguer les versements et les gains.

La troisième consiste à oublier si les versements ont été déduits ou non à l’entrée, alors que cette information modifie directement leur traitement fiscal à la sortie.

Une autre erreur serait de choisir une année de retrait sans regarder les autres revenus attendus cette année-là.

Enfin, il faut éviter de considérer le PER indépendamment du reste du patrimoine.

Une bonne stratégie de sortie ne consiste pas nécessairement à récupérer l’argent le plus vite possible. Elle consiste à le récupérer au moment où vous en avez besoin, en comprenant les conséquences fiscales de chaque décision.


Quand faut-il commencer à préparer la sortie de son PER ?

Pas quelques semaines avant la retraite.

Idéalement, la réflexion commence plusieurs années auparavant.

Cela permet d’estimer progressivement :

le montant que pourrait atteindre le PER, les pensions attendues, les revenus patrimoniaux, les dépenses futures et les projets qui nécessiteront du capital.

Il devient ensuite possible de comparer plusieurs scénarios.

Par exemple :

Scénario 1 : récupérer une grande partie du capital immédiatement.

Scénario 2 : conserver le PER et organiser des retraits réguliers.

Scénario 3 : effectuer des retraits plus importants certaines années pour financer des projets précis.

L’objectif n’est pas de deviner parfaitement sa situation dix ans à l’avance.

Il est simplement d’éviter de découvrir les conséquences fiscales après avoir demandé le retrait.

Quelles questions faut-il se poser avant de choisir entre capital et rente ?

Peut-on récupérer tout son PER en capital ?

Pour les droits correspondant notamment aux versements volontaires, oui, sous réserve des caractéristiques du plan et de ne pas avoir opté auparavant de manière irrévocable pour une liquidation en rente de tout ou partie de ces droits. Le capital peut également être versé de manière fractionnée.

Peut-on mélanger capital et rente ?

Oui. Un PER individuel peut permettre de récupérer une partie de l’épargne en capital et une autre sous forme de rente.

Sortir son PER en plusieurs fois réduit-il forcément les impôts ?

Non. Le fractionnement permet de répartir les sommes imposables sur plusieurs années, mais son intérêt dépend des revenus et de la fiscalité du foyer pendant chacune de ces années.

Faut-il attendre le départ à la retraite pour préparer la sortie ?

Non. La réglementation prévoit même qu’à partir de la cinquième année précédant le départ à la retraite, le titulaire peut demander à son gestionnaire des informations sur les possibilités de sortie adaptées à sa situation.

Comment préparer intelligemment la sortie de son PER ?

Le PER est souvent présenté comme un outil permettant de préparer sa retraite tout en bénéficiant d’un avantage fiscal pendant la vie active.

Mais la véritable stratégie commence parfois au moment où il faut récupérer l’argent.

Capital, rente, combinaison des deux, retrait unique, fractionnement sur plusieurs années : ces choix peuvent avoir des conséquences importantes sur vos revenus disponibles et votre fiscalité.

Un PER de 100 000 € n’est donc pas simplement « 100 000 € à récupérer à la retraite ».

Il faut connaître l’origine des sommes, savoir si les versements ont été déduits, anticiper les autres revenus qui seront perçus et construire un calendrier de retraits cohérent.

Chez PATRIMEO Gestion Privée, nous pouvons étudier votre PER plusieurs années avant votre départ à la retraite et comparer différents scénarios de sortie afin de préparer votre calendrier de retraits en fonction de votre situation patrimoniale.

Anticiper la sortie aujourd’hui, c’est éviter de découvrir sa fiscalité le jour où l’on souhaite récupérer son épargne.

Avertissement 

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les caractéristiques et la fiscalité de l’assurance vie peuvent évoluer. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision, il est recommandé de solliciter un professionnel afin d’obtenir un accompagnement adapté à votre situation. 

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