Le saviez-vous, lorsque vous faites une demande à l’IA ou lorsque vous regardez une série sur Netflix une machine est en marche derrière cette action. Ce n’est pas un simple ordinateur mais une véritable usine remplie de milliers de serveurs.  

Ces serveurs informatiques stockent des données, réalisent des calculs et vous renvoient en quelques secondes ce que vous avez demandé. Ensemble, ils constituent ce que l’on appelle le cloud. Contrairement à ce que son nom laisse penser, le cloud n’est pas un nuage dans lequel circulent nos données. Il s’agit simplement d’un ensemble de serveurs. En réalité, ce sont des milliers de serveurs bien réels, installés dans des bâtiments hautement sécurisés appelés data centers.  

Nous avons fait récemment un article sur la thématique d’investissement de l’IA mais nous n’avons pas aborder la face cachée de l’iceberg qui est bien trop méconnue. Les datacenter sont d’énormes usines qui sont devenus des dépenses couteuses pour les entreprises mais aussi des investissements rentables pour les investisseurs.

 

Alors quel est leur lien avec l’intelligence artificielle ?  

C’est très simple. Une intelligence artificielle a besoin d’une énorme puissance de calcul pour comprendre votre demande et créer une réponse en quelques secondes. Toute cette puissance est fournie par les serveurs installés dans les data centers. Sans eux, il n’y aurait tout simplement pas d’intelligence artificielle comme ChatGPT, Gemini ou Claude. Plus l’IA se développe, plus les besoins en data centers explosent.  

La course aux développements des vitesses de calculs est en marche notamment avec l’informatique quantique pour justement répondre à ces besoins. Donc plus l’IA progresse, plus les infrastructures numériques prennent de la valeur !   

Alors ca veux dire quoi investir dans un datacenter ?  

En réalité, vous n’achetez pas un bâtiment rempli de serveurs. Vous investissez dans des entreprises qui construisent ces infrastructures, les exploitent ou fabriquent les équipements indispensables à leur fonctionnement. Cela peut être des fabricants de puces électroniques, des spécialistes du refroidissement, des producteurs d’électricité, des entreprises de réseaux ou encore des sociétés qui gèrent directement les data centers. Autrement dit, vous investissez dans toute l’infrastructure qui permet à l’intelligence artificielle de fonctionner. 

Mais pourquoi un tel engouement ?  

Trois raisons principales permettent de l’expliquer. 

La première est l’arrivée de l’intelligence artificielle générative. Contrairement à un service numérique classique, comme consulter un site internet ou envoyer un e-mail, une requête adressée à une IA demande beaucoup plus de puissance de calcul. En moyenne, elle consommerait jusqu’à dix fois plus d’énergie. Plus les modèles deviennent performants, plus ils ont besoin de serveurs capables de traiter une quantité importante de données. 

La deuxième raison est le développement continu du cloud. De plus en plus d’entreprises stockent leurs données et utilisent leurs logiciels à distance, sur les infrastructures de grands groupes comme Amazon, Microsoft ou Google. Pour répondre à cette demande, ces entreprises doivent construire toujours plus de data centers. 

Enfin, un troisième facteur est apparu ces dernières années : la souveraineté numérique. Les États cherchent à héberger leurs données sur leur propre territoire afin de limiter leur dépendance envers les grandes entreprises américaines ou chinoises. La France possède d’ailleurs un atout important grâce à son électricité, produite en grande partie par le nucléaire et donc faiblement émettrice de carbone. Cela lui permet de se positionner comme l’un des principaux pays européens pour accueillir de nouveaux data centers. 

Les entreprises phares de ce secteur.

Nvidia est sans doute la plus connue. L’entreprise conçoit les puces électroniques, appelées GPU, qui permettent d’entraîner et de faire fonctionner les modèles d’intelligence artificielle. Sans ces composants, des outils comme ChatGPT n’existeraient tout simplement pas. Aujourd’hui, la grande majorité des data centers spécialisés dans l’IA utilisent ses technologies. 

Equinix est, quant à elle, spécialisée dans la location de data centers. Son activité consiste à mettre à disposition des entreprises des bâtiments, de l’électricité, des systèmes de connexion et toute l’infrastructure nécessaire pour héberger leurs serveurs. Présente dans de nombreuses villes à travers le monde, elle est devenue un acteur incontournable du secteur. 

Digital Realty Trust exerce une activité similaire. L’entreprise possède plusieurs centaines de data centers répartis dans différents pays et compte parmi ses clients des géants du cloud comme Amazon, Google ou Microsoft. Avec le développement de l’intelligence artificielle, la demande pour ses infrastructures continue d’augmenter. 

Enfin, Vertiv est moins connue du grand public, mais son rôle est tout aussi important. L’entreprise fabrique les systèmes de refroidissement et d’alimentation électrique qui permettent aux serveurs de fonctionner en continu. Sans ces équipements, les machines chaufferaient rapidement et les data centers ne pourraient tout simplement pas fonctionner. 

Alors concrètent comment faire pour investir dans le secteur des datacenters ? 

La première option consiste à acheter des actions d’entreprises liées au cycle de fabrication et d’exploitation des datacenters directement au sein d’un compte titre ou d’un PEA. Le choix de l’enveloppe dépend de votre objectif Et de votre horizon.  

La deuxieme possibilité est de passer par des ETF thématiques. Ces fonds indiciels regroupent plusieurs entreprises liées aux data centers, comme les foncières spécialisées ou les fabricants d’équipements. En revanche, tous les contrats d’assurance-vie ne proposent pas forcément ce type de support. 

Enfin et c’est l’option la moins connu, il est parfaitement possible d’investir et de s’exposer au marché des datacenters par l’intermédiaire de votre assurance vie via des fonds d’investissements spécialisés.  

Certains financent des projets de data centers aux côtés d’autres infrastructures comme les réseaux électriques ou les transports. Ils sont d’ailleurs de plus en plus présents dans les contrats d’assurance-vie. 

Nous avons fait pour vous une sélection de 2 fonds d’investissement qui permettent de s’investir et de s’exposer à cette thématique disponible dans la plupart des assurances vie :  

SAM Cloud Revolution 

Le fonds SAM Cloud Revolution se concentre sur les entreprises qui développent les technologies du cloud computing. Il investit notamment dans les fournisseurs de services cloud, les éditeurs de logiciels, les fabricants d’équipements réseau et les sociétés qui conçoivent les infrastructures numériques. Cette stratégie permet de profiter de l’essor des data centers, car chaque nouveau service d’intelligence artificielle ou application en ligne nécessite des capacités de stockage et de calcul toujours plus importantes. 

EdR Big Data 

Le fonds EdR Big Data investit dans les entreprises qui permettent de collecter, stocker, analyser et exploiter les milliards de données générées chaque jour. Il est exposé à des secteurs comme l’intelligence artificielle, le cloud computing, les semi-conducteurs, les logiciels et la cybersécurité. En investissant dans ces sociétés, le fonds bénéficie directement de la croissance des data centers, devenus indispensables pour traiter et héberger ces volumes de données toujours plus importants. 

 

Avantages 

La demande est structurelle. Il ne s’agit d’un effet de mode, tant que l’intelligence artificielle se développe, la demande en machine surpuissante augmente en parallèle. 

Les revenus sont prévisibles. Les entreprises possédant ces data centers signent des contrats de locations sur une longue durée. Pensez-le comme un contrat de location longue durée pour un studio, vous connaissez le loyer que vous toucherez en avance.  

Une position française favorable. La France, du fait de sa position, possède un avantage grâce à l’électricité de plus en plus décarbonée et au renforcement de sa position sur ce marché en Europe. 

Risques 

La facture énergétique lourde. L’électricité représente un part considérable des coûts d’exploitation d’un data center et le prix reste volatil. 

Le risque d’une bulle spéculative. Etant donné que c’est un secteur attractif et prometteur les valorisations de ces entreprises sont élevées.  

Le risque d’une surcapacité. S’il est probable que l’évolution de l’IA continue de manière positive, il y a également un risque que sa croissance ralentisse au bout quelques années et donc les data centers se retrouveraient avec des serveurs inutiles. 

L’historique de performance trop court. Vu qu’il s’agit d’une technologie récente, il y a peu d’information sur le comportement des entreprises en cas de crise. 

Quelle place dans une allocation patrimoniale ? 

Profil prudent : entre 0 et 10 % de l’allocation globale, via un fonds diversifié infrastructures plutôt qu’un pur ETF data centers. 

Profil équilibré : entre 10% et 20 %, en combinant fonds infrastructures et une petite poche ETF thématique. 

Profil dynamique : entre 20% et 30 %, avec une exposition plus directe aux foncières et fonds spécialisés, en complément d’une thématique IA déjà en portefeuille. 

Ces fourchettes restent indicatives et doivent toujours être ajustées à votre situation personnelle, votre horizon de placement et le reste de votre allocation. 

Faut-il investir aujourd’hui ? 

Le secteur bénéficie d’une tendance de fond difficile à contester : l’IA a besoin de calcul, le calcul a besoin de data centers, les data centers ont besoin de capitaux pour être construits. Cette mécanique ne devrait pas s’arrêter à court terme. Cela dit, les valorisations de certains acteurs sont déjà élevées, et le manque d’historique des fonds spécialisés impose une approche progressive plutôt qu’un investissement massif d’un coup. Une entrée par versements programmés, au sein d’une allocation déjà diversifiée, paraît plus raisonnable qu’un pari concentré. 

Le thématique des data centers fait partie d’une tendance difficile à ignorer : l’émergence de l’IA et sa gourmandise en calcul font que les data centers soient sollicités. Qui plus est, les data centers étaient la avant l’IA donc leur présence est bien ancrée. Cependant, les valorisations dans les secteurs technologiques sont élevées et le manque d’information historique sur ce genre de thématique font qu’il est préférable d’avoir une approche progressive. 

FAQ

Qu’est-ce qu’un datacenter exactement ?  

C’est un bâtiment qui regroupe des milliers de serveurs informatiques, avec l’électricité et le système de refroidissement nécessaires pour les faire fonctionner en continu. 

Quelle est la différence entre cloud et data center ?  

Le data center est le bâtiment physique. Le cloud est le service que ce bâtiment permet de fournir à distance, comme stocker des fichiers ou faire tourner un logiciel. 

Pourquoi l’IA a-t-elle autant besoin de data centers ?  

Parce qu’entraîner et faire fonctionner un modèle d’intelligence artificielle demande une puissance de calcul considérable, largement supérieure à un usage numérique classique. 

Peut-on investir directement dans un data center ?  

Rarement en direct pour un particulier. On y accède via des actions de foncières spécialisées, des ETF thématiques ou des fonds infrastructures. 

Ce thème est-il accessible en assurance-vie ?  

Oui, sous réserve que votre contrat référence les unités de compte concernées. Cela dépend de l’assureur et de la gamme de supports proposée. 

Quels sont les principaux risques de ce secteur ?  

La consommation énergétique, la possible surcapacité si la demande en IA ralentit, et la concentration autour de quelques grands clients (Microsoft, Amazon, Google). 

La France est-elle bien placée sur ce marché ?  

Oui. Grâce à son électricité plus en plus décarboné et sa position géographique, la France s’impose comme le deuxième marché européen d’investissement en data centers, derrière le Royaume-Uni. 

Faut-il privilégier les actions ou les fonds diversifiés ?  

Cela dépend de votre tolérance au risque. Les fonds diversifiés lissent la volatilité, les actions ou ETF ciblés offrent un potentiel de croissance plus marqué mais plus concentré. 

Checklist avant d’investir 

Vérifiez que votre contrat d’assurance-vie référence bien des supports liés à ce thème. 

Ne concentrez jamais plus de 10 % de votre allocation sur une seule thématique émergente. 

Privilégiez les versements programmés plutôt qu’un investissement unique sur ce secteur récent. 

Gardez à l’esprit l’absence d’historique long sur la plupart des fonds spécialisés. 

Faites le point avec un conseiller sur la cohérence entre cette thématique et le reste de votre portefeuille, notamment si vous détenez déjà des supports IA ou technologie. 

Conclusion 

L’intelligence artificielle fascine par ses usages. Mais elle repose entièrement sur une infrastructure physique, coûteuse et encore peu regardée par les épargnants. Cloud et data centers représentent l’autre visage, plus discret mais tout aussi structurel, de la révolution IA. Une thématique complémentaire à intégrer avec mesure dans une stratégie patrimoniale diversifiée. 

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