L'article en 30 secondes :

En 2026, le plafond de déduction du PER dépend principalement de vos revenus professionnels de 2025. Pour un salarié, le plafond annuel brut est en principe égal à 10 % des revenus professionnels nets de frais, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €.

Mais votre plafond réellement disponible peut être supérieur grâce aux reliquats non utilisés des années précédentes, ou inférieur en raison de certains dispositifs de retraite d’entreprise. Un couple marié ou pacsé imposé en commun peut aussi mutualiser ses plafonds.

Le bon réflexe : consulter la rubrique « Plafond épargne retraite » de votre avis d’impôt 2026 avant tout versement important, puis vérifier si utiliser ce plafond est réellement pertinent pour votre situation.

Vous ouvrez votre avis d’impôt et découvrez une ligne : « Plafond épargne retraite : 18 400 € ».

Première question : « Je peux donc verser 18 400 € sur mon PER avant le 31 décembre et tout déduire ? »

Souvent, oui. Mais ce chiffre ne dit pas encore combien vous devriez verser.

Le PER permet de déduire certains versements volontaires du revenu imposable. Pour un foyer fortement imposé, l’effet peut être significatif. Encore faut-il connaître son plafond disponible, comprendre ce qui l’a augmenté ou diminué, et accepter qu’un PER reste avant tout une enveloppe d’épargne de long terme.

Le plafond du PER limite la déduction, pas le versement

Le PER individuel ne fixe pas de plafond général aux versements volontaires en numéraire. En revanche, l’avantage fiscal, lui, est plafonné.

Vous pouvez donc verser davantage que votre plafond fiscal. Mais la fraction qui le dépasse ne procure pas de déduction supplémentaire.

Exemple : votre plafond disponible est de 12 000 € et vous versez 15 000 €. La déduction du revenu imposable est limitée à 12 000 €. Les 3 000 € excédentaires ne deviennent pas une réserve de déduction pour l’année suivante.

Il faut donc distinguer deux questions :

« Combien puis-je verser ? »
et
« Combien puis-je déduire ? »

Ce n’est pas la même chose.

Comment calculer le plafond PER pour 2026 ?

Pour les versements effectués en 2026 et déduits du revenu global, l’administration regarde les revenus professionnels de 2025.

Pour un salarié, le plafond brut correspond au montant le plus élevé entre :

  • 10 % des revenus professionnels 2025 nets de frais professionnels, retenus dans la limite de huit fois le PASS 2025 ;
  • 10 % du PASS 2025.

Le plafond annuel de la Sécurité sociale 2025 était de 47 100 €. Pour les versements de 2026, cela donne donc un plancher de 4 710 € et un plafond brut maximal de 37 680 €.

Revenu professionnel net retenu en 2025 Plafond brut indicatif 2026
30 000 € 4 710 €
60 000 € 6 000 €
100 000 € 10 000 €
200 000 € 20 000 €
400 000 € 37 680 €

Ces montants sont des illustrations avant prise en compte des éléments pouvant réduire le plafond, notamment certaines cotisations de retraite supplémentaire d’entreprise.

C’est pourquoi le calcul « 10 % de mes revenus » ne suffit pas toujours.

Le chiffre le plus utile est déjà sur votre avis d’impôt

Sur l’avis d’impôt reçu en 2026 au titre des revenus 2025, la rubrique « Plafond épargne retraite » indique le plafond disponible pour les cotisations versées en 2026.

C’est ce montant qui doit servir de point de départ.

Il intègre le plafond calculé à partir de vos revenus et, le cas échéant, les reliquats encore utilisables. Chaque membre du foyer fiscal dispose en principe de son propre plafond.

Avant un versement important, une vérification reste utile en cas de changement de situation familiale, correction d’une déclaration antérieure, retraite supplémentaire d’entreprise ou activité non salariée.

Les plafonds non utilisés peuvent changer complètement le montant

C’est souvent le point oublié.

Une personne qui dispose chaque année d’un plafond mais n’alimente pas son PER peut accumuler des reliquats. Son plafond disponible en 2026 peut alors dépasser largement le plafond annuel calculé sur ses seuls revenus 2025.

En 2026, les versements s’imputent d’abord sur le plafond de l’année, puis, si nécessaire, sur les reliquats non utilisés de 2023, 2024 et 2025, en commençant par le plus ancien.

La loi de finances pour 2026 a par ailleurs porté de trois à cinq ans la durée de report des plafonds non utilisés.

Il y a toutefois une subtilité importante : la transition est progressive. Les nouveaux reliquats constitués à partir de 2026 bénéficient de cette durée allongée. Le plein effet d’un historique de cinq années n’est donc pas encore disponible immédiatement en 2026. Le BOFiP précise ainsi qu’en 2026, ce sont encore les reliquats 2023, 2024 et 2025 qui peuvent s’ajouter au plafond de l’année.

Pour certains foyers, cette mécanique peut faire varier la capacité de déduction de plusieurs milliers d’euros.

Mariés ou pacsés : pensez à la mutualisation

Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent demander la mutualisation de leurs plafonds d’épargne retraite.

Prenons un exemple simplifié.

L’un des conjoints dispose de 6 000 € de plafond.
L’autre de 20 000 €.

En cas de mutualisation, le couple peut raisonner sur une enveloppe globale de 26 000 €, sous réserve des règles applicables à sa situation.

Cette possibilité peut être particulièrement utile lorsqu’un conjoint verse beaucoup sur son PER alors que l’autre utilise peu ou pas son propre plafond.

Combien un versement sur un PER peut-il réellement faire économiser ?

Le PER donne droit à une déduction du revenu imposable. Ce n’est pas un crédit d’impôt.

L’intérêt fiscal dépend donc surtout de la tranche d’imposition dans laquelle la déduction vient réduire le revenu.

Prenons une illustration.

Une personne dont une part suffisante du revenu est imposée dans la tranche à 41 % verse 10 000 € sur son PER. Si la totalité de la déduction efface du revenu taxé à 41 %, l’économie d’impôt théorique est d’environ :

10 000 € × 41 % = 4 100 €

La tranche à 41 % fait bien partie du barème applicable en 2026 aux revenus 2025.

Mais cela ne signifie pas que chaque versement de 10 000 € entraîne automatiquement 4 100 € d’impôt en moins.

Si la déduction fait passer une partie de vos revenus dans une tranche inférieure, l’économie réelle diminue. La situation familiale, le nombre de parts et les autres revenus du foyer interviennent également.

C’est pourquoi le taux marginal d’imposition est généralement plus utile que le taux moyen pour estimer l’effet fiscal d’un versement PER.

Remplir son plafond n’est pas toujours une bonne idée

Avoir 25 000 € de plafond disponible ne signifie pas qu’il faut verser 25 000 €.

C’est probablement l’erreur la plus fréquente lorsque le PER est envisagé uniquement sous l’angle de la fiscalité.

Le PER est une épargne de long terme, destinée en principe à la retraite, même s’il existe plusieurs cas légaux de déblocage anticipé, notamment l’acquisition de la résidence principale et certains accidents de la vie.

Surtout, l’avantage fiscal obtenu à l’entrée a une contrepartie : la fiscalité à la sortie dépend notamment du fait que les versements aient été déduits ou non.

Il faut donc regarder le PER comme un arbitrage dans le temps, pas comme une simple réduction d’impôt de fin d’année.

Avant de verser, quatre éléments méritent d’être étudiés : votre besoin de liquidité, votre niveau d’imposition actuel, votre horizon de placement et la qualité du PER lui-même — supports disponibles, frais, allocation et niveau de risque.

Un PER médiocre ne devient pas un bon placement simplement parce qu’il permet de déduire un versement.

Une nouveauté importante en 2026 : plus de déduction après 70 ans

Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER par un titulaire âgé de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles du revenu imposable. Cette modification résulte de la loi de finances pour 2026.

Pour une personne proche de cet âge qui envisage d’utiliser un plafond important, la date du versement prend donc une importance particulière.

Après 70 ans, le PER peut toujours avoir d’autres caractéristiques patrimoniales à analyser, mais la déduction fiscale à l’entrée n’est plus disponible pour les nouveaux versements.

Et si vous êtes indépendant ?

Pour un travailleur non salarié, le calcul peut être différent.

Sous certaines conditions, les versements sur un PER peuvent être déduits du bénéfice professionnel selon les règles de l’article 154 bis du Code général des impôts.

La formule prévoit notamment 10 % du bénéfice retenu dans une certaine limite, auxquels peuvent s’ajouter 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre un et huit PASS.

Le plafond peut donc être différent — et potentiellement supérieur — à celui applicable à la seule déduction du revenu global.

Un dirigeant, un professionnel libéral ou un entrepreneur ne devrait donc pas se limiter à la ligne « Plafond épargne retraite » de son avis d’impôt sans vérifier quel régime de déduction est utilisé.

Avant le 31 décembre : cinq vérifications simples

À l’approche de la fin de l’année :

  1. repérez la rubrique « Plafond épargne retraite » sur votre avis d’impôt 2026 ;
  2. soustrayez les versements PER déjà effectués depuis le 1er janvier ;
  3. vérifiez les reliquats disponibles et, pour un couple, l’intérêt de la mutualisation ;
  4. estimez l’effet fiscal réel en fonction de votre tranche marginale ;
  5. vérifiez que le montant envisagé reste cohérent avec vos besoins de liquidité et votre stratégie de retraite.

N’attendez pas nécessairement le 31 décembre : les établissements peuvent fixer leurs propres dates de traitement pour enregistrer un versement sur l’année civile concernée.

Questions fréquentes :

Où trouver mon plafond de déduction PER pour 2026 ?

Il figure sur votre avis d’impôt 2026, dans la rubrique « Plafond épargne retraite ». Ce montant tient compte du plafond calculé à partir de vos revenus professionnels et, le cas échéant, de reliquats encore disponibles.

Quel est le plafond maximum de déduction du PER en 2026 ?

Pour un salarié, le plafond brut annuel calculé sur les revenus 2025 est au maximum de 37 680 €, avant les éléments susceptibles de le réduire. Mais le plafond total disponible en 2026 peut dépasser cette somme grâce aux reliquats non utilisés des années précédentes.

Peut-on utiliser le plafond PER de son conjoint ?

Oui. Les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent demander la mutualisation de leurs plafonds. Les plafonds et les cotisations sont alors appréciés globalement.

Cette option peut être intéressante lorsqu’un membre du couple dispose d’une capacité inutilisée importante.

Faut-il toujours déduire ses versements PER ?

Non. La déduction est le régime de principe, mais il est possible d’y renoncer pour un versement volontaire. Ce choix modifie ensuite la fiscalité à la sortie.

Il peut être pertinent lorsque l’avantage fiscal immédiat est faible, mais il doit être évalué au regard de la situation du contribuable.

Conclusion

Le plafond de déduction du PER n’est pas un chiffre standard. En 2026, il dépend de vos revenus 2025, de vos éventuels dispositifs de retraite d’entreprise, de vos reliquats antérieurs et parfois du plafond de votre conjoint.

Le montant disponible sur votre avis d’impôt donne votre capacité fiscale. Il ne donne pas automatiquement le bon montant à verser.

La décision doit aussi tenir compte de votre liquidité, de votre horizon de placement, du risque accepté, des frais du contrat et de la fiscalité future à la sortie.

PATRIMEO Gestion Privée peut calculer votre capacité de versement avant le 31 décembre, vérifier vos plafonds disponibles et replacer le PER dans l’ensemble de votre stratégie patrimoniale.

Avertissement 

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les caractéristiques et la fiscalité de l’assurance vie peuvent évoluer. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision, il est recommandé de solliciter un professionnel afin d’obtenir un accompagnement adapté à votre situation. 

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