L'article en 30 secondes :

Une entreprise peut avoir beaucoup d’argent sur son compte bancaire sans avoir besoin de tout cet argent immédiatement.

Le problème ? Une trésorerie laissée plusieurs années sur un compte non rémunéré reste disponible, mais elle ne produit rien. Et avec le temps, l’inflation réduit ce qu’elle permet réellement d’acheter.

Il existe plusieurs solutions pour placer cet excédent : le compte à terme, le contrat de capitalisation et le compte-titres personne morale. Aucune n’est meilleure dans tous les cas. Le bon choix dépend surtout d’une question : quand votre entreprise aura-t-elle besoin de récupérer cet argent ?

Introduction

Voir 100 000, 300 000 ou 1 million d’euros sur le compte de sa société peut sembler rassurant. Mais si une partie de cette somme ne sera pas utilisée avant plusieurs années, la laisser immobile revient un peu à conserver de l’eau dans un réservoir sans jamais s’en servir. La première étape consiste donc à séparer l’argent utile demain de l’argent réellement disponible pour plus longtemps.

1. Avant de placer : trouvez la trésorerie dont l’entreprise n’a pas besoin

Toute la trésorerie d’une société n’est pas faite pour être investie.

Imaginez deux tiroirs.

Dans le premier, vous placez l’argent qui permet à l’entreprise de fonctionner : salaires, TVA, impôts, fournisseurs, loyers, investissements prévus ou simple marge de sécurité.

Cet argent doit rester facilement accessible.

Dans le second tiroir se trouve la trésorerie excédentaire. Autrement dit, l’argent dont l’entreprise n’a probablement pas besoin à court terme.

C’est cette deuxième poche qui peut éventuellement être placée.

Cette distinction est essentielle. Une société peut être rentable sur le papier et se retrouver en difficulté simplement parce qu’elle ne dispose plus d’assez de liquidités au mauvais moment.

La durée devient alors votre boussole.

Quelques mois ? La sécurité et la disponibilité passent généralement avant tout.

Plusieurs années ? L’entreprise peut envisager des solutions plus larges, avec davantage de possibilités mais aussi davantage de variations.

Avant de chercher le placement le plus performant, il faut donc répondre à une question beaucoup plus simple : combien de temps cet argent peut-il rester placé sans mettre l’entreprise en difficulté ?

2. Le compte à terme : simple à comprendre, mais peu flexible

Le compte à terme, souvent appelé CAT, fonctionne comme une boîte que vous acceptez de fermer pendant une durée déterminée.

L’entreprise dépose une somme auprès d’une banque. En échange, la banque prévoit une rémunération selon les conditions fixées au départ.

Le fonctionnement est relativement simple. La durée, le calcul des intérêts et les éventuelles pénalités en cas de retrait anticipé sont définis dans le contrat. Service-Public rappelle d’ailleurs qu’un compte à terme est un dépôt bloqué pendant une période convenue et qu’un retrait avant l’échéance peut entraîner des conséquences prévues au contrat.

Son principal avantage est donc la visibilité.

Vous savez où se trouve l’argent et dans quelles conditions il est rémunéré.

Sa limite est exactement l’inverse : cet argent devient moins souple.

Le compte à terme peut donc être adapté à une somme dont l’entreprise connaît déjà approximativement la date d’utilisation.

En revanche, immobiliser toute sa trésorerie de sécurité simplement pour obtenir une rémunération serait une mauvaise logique.

Pour une société soumise à l’impôt sur les sociétés, les intérêts perçus entrent par ailleurs dans son résultat imposable.

3. Le contrat de capitalisation : une enveloppe pensée pour une durée plus longue

Le contrat de capitalisation ressemble à une grande boîte dans laquelle plusieurs placements peuvent être rangés.

Selon le contrat proposé, il peut permettre d’accéder à des fonds prudents comme à des placements exposés davantage aux marchés financiers.

Contrairement au compte à terme, il ne faut donc pas regarder uniquement l’enveloppe. Il faut surtout regarder ce qu’elle contient.

Autre point important : un contrat détenu par une société n’a pas la même fiscalité que l’assurance-vie détenue par un particulier. Il ne faut notamment pas lui appliquer automatiquement les règles fiscales personnelles souvent associées aux huit années de détention.

Pour certaines sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, le Code général des impôts prévoit même un mécanisme particulier lorsque la valeur finale du contrat n’est pas connue à l’avance. Une fraction théorique du gain peut être intégrée chaque année au résultat fiscal, puis corrigée lors du dénouement du contrat.

Dit simplement : la fiscalité peut commencer avant même que l’entreprise ne retire réellement son argent.

C’est donc une enveloppe intéressante à étudier pour une trésorerie durable, mais qui mérite une analyse fiscale et comptable avant la souscription.

4. Le compte-titres personne morale : la boîte à outils la plus large

Le compte-titres personne morale est un compte d’investissement ouvert au nom de l’entreprise.

Imaginez une grande étagère.

Au lieu d’y ranger un seul produit, l’entreprise peut y détenir différentes familles de placements : obligations, actions, fonds financiers ou encore certains placements monétaires.

Cette liberté permet de construire une stratégie différente selon la durée pendant laquelle l’argent peut rester placé.

Une poche peut chercher à rester relativement stable. Une autre peut être destinée à plusieurs années et accepter davantage de variations.

Mais cette liberté a une contrepartie : le capital peut baisser.

Le traitement fiscal et comptable dépend aussi de ce qui est acheté. Pour certaines parts de fonds détenues par une société soumise à l’impôt sur les sociétés, la variation de valeur peut par exemple être intégrée au résultat fiscal à la clôture de l’exercice, même sans vente effective. Des exceptions existent selon la nature du fonds.

C’est pourquoi le compte-titres ne doit pas être considéré comme un simple compte bancaire mieux rémunéré.

C’est un outil d’investissement.

Solution Idée principale Disponibilité Niveau de risque
Compte à terme Placer pour une durée connue Limitée pendant la période prévue Généralement faible
Contrat de capitalisation Construire une stratégie sur plusieurs années Variable selon le contrat et les placements Dépend de ce qui est choisi
Compte-titres personne morale Accéder à une large gamme de placements Dépend des actifs détenus De faible à élevé

Le plus important n’est donc pas de choisir une seule case.

Une entreprise peut très bien conserver une réserve immédiatement disponible, placer une autre partie sur une durée courte et investir une troisième poche sur plusieurs années.

C’est souvent cette organisation par horizon de temps qui donne du sens à l’ensemble.

Questions fréquentes :

Peut-on investir la trésorerie d'une SAS, SARL ou holding ?

Oui, une personne morale peut détenir différents placements financiers. Mais le choix dépend notamment de la forme de la société, de son régime fiscal, de son objet social et de l’utilisation future de l’argent. Certains contrats peuvent également imposer leurs propres conditions d’accès aux personnes morales.

Que faire d'une trésorerie dont l'entreprise aura besoin dans moins d'un an ?

La priorité est généralement la disponibilité de l’argent. Une somme destinée prochainement à payer des charges, des impôts ou un investissement n’a pas vocation à supporter de fortes variations. Des solutions de trésorerie à court terme peuvent alors être étudiées plutôt qu’un investissement prévu pour plusieurs années.

Le contrat de capitalisation est-il une assurance-vie pour entreprise ?

Pas exactement. Leur fonctionnement peut sembler proche car les deux sont des enveloppes pouvant contenir différents placements. Mais leurs règles juridiques et fiscales diffèrent, notamment lorsqu’un contrat de capitalisation est détenu par une société soumise à l’impôt sur les sociétés.

Compte à terme ou compte-titres personne morale : lequel choisir ?

Cela dépend surtout de la durée. Le compte à terme privilégie la simplicité et une échéance définie. Le compte-titres ouvre beaucoup plus de possibilités, mais certains placements peuvent baisser. Pour une trésorerie réellement disponible pendant plusieurs années, cette deuxième solution peut donc être étudiée dans le cadre d’une stratégie diversifiée.

Conclusion

Une trésorerie importante n’est pas forcément une trésorerie bien organisée.

L’enjeu n’est pas de placer chaque euro disponible. Il est de séparer l’argent nécessaire au fonctionnement de l’entreprise de celui qui peut réellement travailler pendant plusieurs années.

Compte à terme, contrat de capitalisation et compte-titres répondent ensuite à des besoins différents.

Chez PATRIMEO Gestion Privée, nous accompagnons les dirigeants et entrepreneurs de Nice et des Alpes-Maritimes pour structurer leur trésorerie excédentaire selon leurs besoins de liquidité, leur horizon et leur niveau de risque. Vous pouvez nous contacter pour étudier la place qu’un compte-titres personne morale ou d’autres solutions pourraient avoir dans votre société.

Avertissement 

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Les caractéristiques et la fiscalité de l’assurance vie peuvent évoluer. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision, il est recommandé de solliciter un professionnel afin d’obtenir un accompagnement adapté à votre situation. 

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