La défense est longtemps restée une thématique d’investissement discrète.
Pour beaucoup d’épargnants, elle évoquait surtout l’armement, les conflits ou des enjeux éthiques complexes. Pourtant, depuis plusieurs années, le secteur revient fortement dans les allocations des investisseurs.
Pourquoi ?
Parce que la défense ne se limite plus aux chars, aux avions militaires ou aux missiles. Elle englobe désormais la cybersécurité, les satellites, les drones, les communications sécurisées, les systèmes de surveillance, l’intelligence artificielle embarquée et la protection des infrastructures critiques.
Dans un monde marqué par la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient, la rivalité entre grandes puissances et la montée des cyberattaques, les États augmentent leurs budgets de défense.
Selon le SIPRI, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025, en hausse de 2,9 % en termes réels, soit la onzième année consécutive de progression.
L’OTAN a également fixé un nouveau cap : lors du sommet de La Haye en 2025, les Alliés se sont engagés à consacrer 5 % du PIB par an à la défense d’ici 2035, dont 3,5 % pour les besoins militaires fondamentaux et jusqu’à 1,5 % pour les dépenses liées à la sécurité, aux infrastructures et à la résilience.
Pour un investisseur français, la question devient donc légitime :
La défense peut-elle avoir une place dans une assurance-vie, un PER ou un compte-titres ?
La réponse est oui, mais avec prudence.
Comme tout investissement thématique, la défense peut offrir un potentiel de diversification. Mais elle comporte aussi des risques : valorisation élevée, dépendance aux budgets publics, risque politique, risque sectoriel, volatilité boursière et risque éthique.
Pourquoi la défense attire-t-elle les investisseurs ?
1. Une hausse durable des budgets militaires
Le premier moteur du secteur est simple : les États dépensent davantage.
Les dépenses militaires mondiales représentent désormais environ 2,5 % du PIB mondial selon le SIPRI.
Cette hausse ne concerne pas uniquement les États-Unis. L’Europe accélère également.
L’OTAN indique que les alliés européens et le Canada ont augmenté leurs dépenses de défense de près de 20 % en termes réels en 2025 par rapport à 2024.
Pour les entreprises du secteur, cela signifie plus de commandes potentielles, plus de visibilité et parfois des carnets de commandes plus profonds.
2. Le réveil de la défense européenne
L’Europe a longtemps été critiquée pour sa dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis.
Ce constat évolue.
La Commission européenne a présenté le plan Readiness 2030 / ReArm Europe, qui vise à mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros pour renforcer la défense européenne. Ce plan inclut notamment un instrument de prêt de 150 milliards d’euros, baptisé SAFE, destiné à financer des domaines comme la défense antimissile, les drones et la cybersécurité.
Pour les investisseurs, cette dynamique peut soutenir les entreprises européennes de défense, notamment dans l’aéronautique militaire, les radars, les missiles, les systèmes électroniques, les munitions, les satellites et la cybersécurité.
3. Une défense de plus en plus technologique
La défense moderne ressemble de moins en moins à celle du XXe siècle.
Aujourd’hui, les besoins portent aussi sur :
- les drones ;
- les satellites ;
- la cybersécurité ;
- les communications cryptées ;
- l’intelligence artificielle ;
- les radars ;
- la guerre électronique ;
- les logiciels de simulation ;
- la protection des infrastructures critiques.
Cette mutation rapproche le secteur de la technologie.
C’est important pour l’investisseur, car certaines entreprises de défense ne sont plus seulement des industriels lourds. Elles deviennent aussi des fournisseurs de données, de logiciels, de capteurs, d’électronique avancée et de services numériques sécurisés.
4. Une demande moins cyclique que d’autres secteurs
La défense dépend principalement des budgets publics.
Cela peut être un avantage en période d’incertitude économique. Les États peuvent maintenir ou augmenter leurs dépenses de sécurité même lorsque la croissance ralentit.
Mais cette caractéristique est aussi une limite.
Un changement politique, une alternance budgétaire ou une réduction des déficits publics peut ralentir certains programmes.
La défense n’est donc pas un secteur sans risque. C’est un secteur stratégique, mais dépendant de décisions publiques.
Les entreprises emblématiques du secteur
Airbus
Airbus est souvent connu pour ses avions commerciaux.
Mais le groupe dispose aussi d’activités dans la défense, l’espace et les hélicoptères. En 2025, Airbus a publié un chiffre d’affaires consolidé de 73,4 milliards d’euros. Sa division Defence and Space a réalisé 13,4 milliards d’euros de revenus, en hausse de 11 %.
Pour l’investisseur, Airbus présente un profil mixte.
Il combine :
- aviation civile ;
- hélicoptères ;
- satellites ;
- avions militaires ;
- systèmes de défense ;
- programmes européens.
Cela peut réduire la dépendance pure à la défense, mais expose aussi le groupe aux cycles de l’aéronautique civile.
Thales
Thales est l’un des acteurs européens les plus représentatifs de la défense technologique.
Le groupe intervient dans les radars, les systèmes de communication sécurisés, l’avionique, la cybersécurité, les satellites et les systèmes militaires.
En 2025, Thales a réalisé 22,136 milliards d’euros de chiffre d’affaires, contre 20,577 milliards en 2024.
Sa force réside dans son positionnement à la frontière entre défense, aéronautique, cyber et numérique.
Pour un investisseur long terme, Thales illustre bien la transformation de la défense vers des systèmes plus électroniques, plus connectés et plus logiciels.
Rheinmetall
Rheinmetall est devenu l’un des symboles du réarmement européen.
Le groupe allemand est présent dans les véhicules militaires, les munitions, les systèmes terrestres et les équipements de défense.
En 2025, Rheinmetall a publié un chiffre d’affaires de 9,935 milliards d’euros, contre 7,715 milliards en 2024, avec un carnet de commandes et accords-cadres de 63,8 milliards d’euros.
Ce profil est plus directement exposé à la défense que celui d’Airbus.
Il peut donc bénéficier fortement de la hausse des budgets militaires, mais aussi subir une volatilité importante si les attentes de croissance deviennent trop élevées.
KNDS
Le 25 juin 2026, l’introduction en Bourse annoncée de KNDS a retenu l’attention des observateurs des marchés financiers.
KNDS est l’acteur majeur de la défense terrestre européenne, ce groupe franco-allemand, connu notamment pour ses chars, ses véhicules blindés et les canons Caesar, pourrait être valorisé entre 15 et 18 milliards d’euros.
Cette opération intervient dans un contexte de forte hausse des dépenses militaires en Europe, mais aussi de performances boursières plus contrastées pour certaines entreprises du secteur de la défense.
Pour les investisseurs, KNDS constitue une société à suivre de près, à condition d’analyser avec prudence sa valorisation, son carnet de commandes, sa dépendance aux budgets publics ainsi que les risques propres à cette industrie. Comme tout investissement en actions, une éventuelle exposition à KNDS comporte un risque de perte en capital.
Comment investir dans la défense ?
1. Via une assurance-vie
L’assurance-vie peut permettre d’accéder à la thématique défense à travers des unités de compte.
Il peut s’agir :
- de fonds actions européennes ;
- de fonds thématiques sécurité ;
- de fonds technologie incluant la cybersécurité ;
- de fonds ISR excluant ou intégrant partiellement certains acteurs ;
- de fonds mondiaux exposés indirectement à la défense
- des produits structurés sur-mesure avec une sélection des valeurs
Attention : tous les contrats ne proposent pas des fonds spécialisés défense.
Il faut donc vérifier l’univers d’unités de compte disponible dans chaque contrat.
Un investissement en unités de compte comporte un risque de perte en capital. La valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse.
2. Via un PER
Le PER peut également permettre une exposition indirecte à la défense, selon les supports disponibles.
L’intérêt du PER réside surtout dans son objectif retraite.
Il peut être adapté à un investisseur qui souhaite construire une allocation de long terme, à condition que la thématique défense reste une poche limitée.
3. Via un compte-titres
Le compte-titres offre plus de liberté.
Il peut permettre d’acheter :
- des actions en direct ;
- des ETF sectoriels ;
- des fonds cotés ;
- des valeurs européennes ou américaines de défense.
Mais cette liberté implique aussi plus de responsabilités.
L’investisseur doit analyser la valorisation, les risques, la fiscalité, la concentration sectorielle et la liquidité.
4. Via des ETF défense
Les ETF permettent d’investir dans un panier d’entreprises du secteur.
Par exemple, l’ETF VanEck Defense UCITS donne accès à des entreprises liées à la défense, aux drones, aux satellites, à la cybersécurité et aux systèmes de communication. Il indique appliquer un filtre sur les armes controversées.
Autre exemple : l’iShares Europe Defence UCITS ETF suit l’indice STOXX Europe Targeted Defence, détient 31 lignes au 29 juin 2026 et affiche des frais courants de 0,35 %.
Les ETF restent des produits actions. Ils peuvent baisser fortement en cas de correction du secteur.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les données de performance doivent être vérifiées dans les documents réglementaires des fonds avant toute décision.
Notre sélection de supports spécialisés dans la défense
| Support | Type | Stratégie d’investissement | Profil investisseur | Principales caractéristiques |
|---|---|---|---|---|
| VanEck Defense UCITS ETF | ETF actions mondial | Investit dans les principaux leaders mondiaux de la défense, de l’aéronautique militaire et des équipements stratégiques. | Dynamique | Plus de 60 sociétés • Monde • TER 0,55 % • Encours ≈ 2,6 Md€ • SRRI 5/7 |
| Amundi STOXX Europe Defense UCITS ETF | ETF actions Europe | Exposition exclusivement aux entreprises européennes de défense bénéficiant de la hausse des budgets militaires européens. | Dynamique | Plus de 40 sociétés • Europe • TER 0,35 % • Encours ≈ 520 M€ • SRRI 5/7 |
| iShares Europe Defence UCITS ETF | ETF actions Europe | Sélection ciblée des principaux groupes européens de défense via l’indice STOXX Europe Targeted Defence. | Dynamique | Plus de 30 sociétés • Europe • TER 0,55 % • Encours ≈ 350 M€ • SRRI 5/7 |
| WisdomTree Europe Defence UCITS ETF | ETF actions Europe | Approche fondamentale privilégiant les industriels européens de la défense, y compris certaines PME et ETI du secteur. | Dynamique | Plus de 35 sociétés • Europe • TER 0,40 % • SRRI 5/7 |
| HANetf Future of Defence UCITS ETF | ETF actions mondial | Investit dans les technologies de défense du futur : cybersécurité, intelligence artificielle, drones, spatial et systèmes autonomes. | Dynamique à très dynamique | Plus de 50 sociétés • Monde • TER 0,50 % • SRRI 5/7 |
Les avantages d’un investissement dans la défense
1. Une tendance structurelle
Les budgets de défense semblent s’inscrire dans une trajectoire haussière, notamment en Europe.
2. Une exposition à la souveraineté européenne
La défense est devenue un enjeu politique, industriel et technologique majeur pour l’Europe.
3. Une thématique moins dépendante de la consommation des ménages
La demande vient principalement des États, ce qui peut offrir une certaine visibilité.
4. Une exposition à la technologie
Drones, satellites, cybersécurité, intelligence artificielle et logiciels sécurisés peuvent soutenir la croissance de certains acteurs.
5. Un outil de diversification
La défense peut compléter une allocation déjà exposée aux actions mondiales, à l’Europe, aux obligations et aux fonds en euros.
Les risques à connaître
1. Risque de valorisation
Après une forte hausse, certaines valeurs peuvent devenir chères.
Un bon secteur ne fait pas toujours un bon investissement si le prix payé est trop élevé.
2. Risque politique
Les budgets militaires dépendent des décisions des gouvernements.
Une alternance politique ou une contrainte budgétaire peut modifier les priorités.
3. Risque éthique
Certains investisseurs ne souhaitent pas être exposés à l’armement.
Il faut donc vérifier la politique ESG, les exclusions et la composition exacte des fonds.
4. Risque de concentration
Un ETF défense reste concentré sur un seul secteur.
Il ne remplace pas une allocation diversifiée.
5. Risque de marché
Comme toutes les actions, les valeurs de défense peuvent baisser.
Les unités de compte comportent un risque de perte en capital.
6. Risque géopolitique
Paradoxalement, le secteur peut être porté par les tensions, mais aussi pénalisé par des annonces de paix, des restrictions d’exportation ou des changements diplomatiques.
7. Risque de liquidité
Certains fonds ou ETF récents peuvent avoir un historique limité et des encours encore modestes.
Exemple concret : Thales
Thales illustre bien la défense moderne.
Le groupe ne vend pas uniquement du matériel militaire traditionnel.
Il intervient aussi dans :
- les radars ;
- les communications sécurisées ;
- la cybersécurité ;
- les systèmes embarqués ;
- l’aéronautique ;
- le spatial ;
- la protection des données.
C’est précisément cette convergence entre défense, technologie et sécurité numérique qui rend la thématique intéressante.
Pour un investisseur, Thales peut représenter une exposition à la fois industrielle et technologique.
Mais cela ne signifie pas que l’action est toujours attractive. Il faut analyser sa valorisation, sa croissance, sa marge, son carnet de commandes et son niveau de risque.
Quelle place dans une allocation patrimoniale ?
La défense doit rester une poche satellite.
Elle ne doit pas remplacer le cœur du portefeuille.
Profil prudent
Allocation indicative : 0% à 10 % de la poche actions.
Objectif : exposition très limitée, uniquement si le profil accepte la volatilité.
Supports possibles : fonds actions Europe diversifiés ou fonds mondiaux avec exposition indirecte.
Profil équilibré
Allocation indicative : 10% à 20% de la poche actions.
Objectif : diversification thématique raisonnable.
Supports possibles : fonds Europe, fonds sécurité, ETF défense en petite proportion.
Profil dynamique
Allocation indicative : 20% à 30% de la poche actions.
Objectif : rechercher une exposition plus marquée à la souveraineté, à la sécurité et à la défense.
Supports possibles : ETF sectoriel, fonds spécialisés, actions en direct pour investisseurs avertis.
Ces pourcentages sont indicatifs. Ils doivent être adaptés au patrimoine global, à l’horizon de placement, à la fiscalité, à l’expérience de l’investisseur et à sa tolérance au risque.
Faut-il investir dans la défense aujourd’hui ?
La défense bénéficie de tendances puissantes.
Hausse des budgets militaires, réarmement européen, cybersécurité, drones, satellites et besoin de souveraineté créent un environnement favorable.
Mais le secteur a déjà attiré beaucoup d’investisseurs.
Le risque principal aujourd’hui est donc de payer trop cher une thématique devenue populaire.
La bonne approche consiste à :
- investir progressivement ;
- éviter la concentration excessive ;
- vérifier les frais ;
- comparer les supports ;
- analyser la valorisation ;
- intégrer la défense dans une allocation globale ;
- tenir compte des convictions éthiques du client.
La défense peut avoir une place dans un patrimoine, mais elle ne doit jamais devenir un pari unique.
FAQ SEO
Peut-on investir dans la défense via une assurance-vie ?
Oui, mais uniquement si le contrat propose des unités de compte exposées au secteur. Il peut s’agir de fonds actions Europe, de fonds thématiques sécurité, de fonds cybersécurité ou parfois d’ETF spécialisés.
La défense est-elle compatible avec une stratégie patrimoniale long terme ?
Oui, à condition de l’intégrer comme une poche de diversification, et non comme le cœur du portefeuille.
Les fonds défense sont-ils risqués ?
Oui. Ce sont généralement des fonds actions. Ils peuvent fortement varier à la hausse comme à la baisse.
Peut-on perdre de l’argent avec un ETF défense ?
Oui. Un ETF défense comporte un risque de perte en capital.
La défense est-elle une thématique éthique ?
Cela dépend des convictions de l’investisseur et de la politique du fonds. Certains fonds excluent les armes controversées, d’autres non. Il faut lire les documents réglementaires.
Quelle différence entre défense et cybersécurité ?
La défense concerne la sécurité militaire et stratégique. La cybersécurité concerne la protection des systèmes informatiques, des données et des infrastructures numériques. Les deux thématiques se rejoignent de plus en plus.
Quelle part de son portefeuille consacrer à la défense ?
Pour la plupart des investisseurs, une exposition modérée entre 3 % et 10 % de la poche actions peut être envisagée selon le profil de risque.
Faut-il acheter des actions de défense en direct ?
Cela peut être envisagé par des investisseurs avertis. Pour la majorité des épargnants, un fonds ou un ETF diversifié est souvent plus adapté.
Checklist avant d’investir
✅ Vérifier son profil de risque.
✅ Définir un horizon de placement long terme.
✅ Comprendre la composition exacte du fonds.
✅ Analyser les frais.
✅ Vérifier les exclusions ESG.
✅ Éviter une concentration excessive.
✅ Comparer assurance-vie, PER et compte-titres.
✅ Investir progressivement.
✅ Accepter le risque de perte en capital.
✅ Se faire accompagner avant d’arbitrer.
Conclusion
La défense est devenue une thématique d’investissement majeure clairement sous-valorisé.
Elle reflète un changement profond du monde : retour des tensions géopolitiques, besoin de souveraineté européenne, montée des cybermenaces et modernisation des armées.
Mais ce n’est pas une garantie de performance.
Un secteur porteur peut connaître des corrections importantes. Les valorisations peuvent devenir excessives. Les décisions politiques peuvent changer.
Chez Patriméo Gestion Privée, nous considérons la défense comme une thématique de diversification potentielle, à intégrer avec mesure dans une stratégie patrimoniale globale.
Chaque situation est différente.
Avant d’investir, il est essentiel d’évaluer votre allocation actuelle, votre horizon de placement, votre fiscalité, votre sensibilité au risque et vos convictions personnelles.
Vous souhaitez savoir si la défense peut avoir une place dans votre assurance-vie, votre PER ou votre compte-titres ?
Patriméo Gestion Privée vous accompagne dans la construction d’une allocation cohérente, personnalisée et adaptée à vos objectifs.