Premiers pas vers la taxation des dépôts bancaires ?

Depuis cette fin d’année 2019, des articles relatifs à la taxation par les banques sur les dépôts de liquidités affolent la toile.

En effet, un nouveau paysage se dessine chez certains pays de la zone Euro qui voient leurs banques commencer à appliquer une taxe sur les dépôts bancaires :

  • Certaines banques suisses dont notamment UBS qui a décidé d’appliquer une taxe annuelle de 0,6 % sur tous les dépôts excédant 500 000€ et de 0,75 % sur ceux dépassant les 2 millions d’euros depuis Novembre 2019.

 

  • Des banques au Danemark ont commencé la taxation des dépôts à un seuil à partir de 100 000€, de même que le groupe italien UNICREDIT.

 

  • Une banque sur 4 en Allemagne appliquerait la taxation sur les dépôts.

 

  • Une des premières banquesFrançaises, LOMBARD ODIER, a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait instaurer
    une pénalité sur les dépôts de ses clients excédants 1 million d’euros.

Ce phénomène fait bien entendu écho au contexte de taux négatifs qui pénalise les banques européennes.
Cela fait suite à la politique de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui a instauré des taux négatifs dans le but de l’économie. 

Cette stratégie impacte fortement les stratégies des banques en faisant chuter leur rentabilité, et en les dissuadant ainsi de placer leurs liquidités excédentaires dans leurs coffres se voyant appliquer des pénalités (taux d’intérêt de -0,5 % facturé aux banques par la BCE sur ces liquidités). Les banques cherchent donc des solutions pour pallier à ce manque à gagner. Le concept de taxation sur les dépôts des clients a ainsi commencé à se concrétiser pour certaines banques.

Pour le moment, il ne s’agit essentiellement que de quelques établissements gestionnaires de fortune mais peut-on s’inquiéter que les banques françaises plus populaires adoptent l’application de la taxation sur les dépôts ? Très récemment, la banque coopérative Allemande VOLKSBANK RAIFFEISENBANK a choisi de prélever un taux négatif de -0,5% dès le premier centime d’euros déposé sur tout compte d’épargne au jour le jour, ouvert depuis le 1er Octobre 2019. Cette récente décision dessine de plus en plus le risque de banalisation de la taxation par les banques sur les dépôts des particuliers et des PME.

Face à ce nouveau phénomène qui pourrait nous pénaliser, les placements sur des produits d’épargne réglementés pourrait apparaître comme l’une des solutions préventives et sécuritaires pour notre épargne.

Alexandre LUCAS